Les compétences en informatique sur un CV se présentent sous la forme d’une rubrique courte qui cite les outils demandés par l’offre, regroupés par familles, avec un niveau traduit en usage concret. Une liste exhaustive de logiciels ou des barres de progression n’apportent rien au recruteur, qui cherche ce que vous savez faire avec chaque outil.
Cinq étapes permettent de construire cette rubrique : inventorier, trier, regrouper, exprimer un niveau vérifiable, puis placer et prouver. Des exemples de formulation pour trois profils terminent l’article.
Étape 1 : faire l’inventaire de ce que vous savez vraiment utiliser
Notez sans filtre tous les outils que vous avez pratiqués : bureautique, logiciels métier, outils collaboratifs, langages de programmation, systèmes d’exploitation. Incluez ceux rencontrés en stage, en association ou dans un projet personnel, car ils comptent autant que ceux d’un emploi salarié.
Distinguez ensuite deux catégories. Les outils utilisés régulièrement peuvent figurer sur le CV, alors qu’un logiciel découvert une seule fois ne résiste pas à une question en entretien. Cette liste brute répond à la question des compétences informatiques de base à mentionner : elle sert de réserve, vous n’en reprendrez qu’une partie.
Étape 2 : trier les compétences selon l’offre d’emploi visée
Relevez dans l’annonce chaque outil cité et reprenez-le avec les mêmes mots : si l’offre parle de « Microsoft Excel », écrivez Excel et non « tableur ». Beaucoup d’entreprises utilisent des logiciels de tri des candidatures qui recherchent ces termes, et un recruteur humain repère de la même façon les correspondances.
Retirez ensuite ce qui n’apporte rien : savoir envoyer un e-mail, « Windows » sans autre précision, un logiciel abandonné depuis des années. Une poignée d’outils par famille donne une rubrique plus lisible qu’une quarantaine de noms.
Étape 3 : regrouper les compétences par familles lisibles
Quatre familles couvrent la plupart des profils :
- Bureautique : traitement de texte, tableur, présentation, messagerie.
- Logiciels métier : ERP, CRM, comptabilité, PAO, outils de gestion de projet.
- Outils collaboratifs : visioconférence, messagerie d’équipe, gestion de documents partagés.
- Développement et données : langages, bases de données, systèmes, outils de versionnage.
Pour ranger chaque outil au bon endroit, il aide de comprendre la frontière entre informatique et bureautique, qui détermine la famille dans laquelle un logiciel est présenté.

Étape 4 : exprimer un niveau que le recruteur peut vérifier
Les barres de progression et les notes sur 5 ne disent rien de précis : personne ne sait ce que représente « 4 sur 5 en Excel ». Un verbe d’usage remplace avantageusement une note : « tableaux croisés dynamiques et formules de recherche sous Excel », « requêtes SQL simples sous Access ».
Pour un cas détaillé, consultez la façon de mentionner Excel sur un CV. Quant à une compétence comme SQL, la formulation gagne en précision quand vous l’avez pratiquée, par exemple en suivant un tutoriel sur l’apprentissage des requêtes SQL dans Access.
Une certification fournit un niveau déjà objectivé. Pix évalue 16 compétences numériques réparties en 5 domaines (information et données, communication et collaboration, création de contenu, protection et sécurité, environnement numérique) et peut figurer sur un CV. Le TOSA note sur 1000 : pour Excel, Word, PowerPoint ou Outlook, la certification est délivrée à partir de 351 points, contre 551 pour les autres tests. Indiquez le score ou le niveau obtenu, ainsi que l’année.
Étape 5 : placer la rubrique et l’appuyer par des preuves
L’emplacement dépend du profil. Pour un poste administratif, une rubrique dédiée « Compétences informatiques » en bas ou sur le côté du CV suffit. Pour un profil technique, les outils gagnent à être cités dans chaque expérience, avec le projet réalisé.
Un développeur ajoute un lien vers un portfolio ou un dépôt GitHub. Un diplômé qui doit traduire sa formation en compétences peut s’appuyer sur les compétences développées en bachelor informatique pour choisir ce qu’il met en avant.
Tout ce qui figure sur la rubrique peut faire l’objet d’une question. Préparez pour chaque outil un exemple précis d’utilisation, avec le résultat obtenu.
Exemples de rubriques selon trois profils
Trois formulations à adapter, du plus administratif au plus technique.
Assistant administratif ou comptable : Excel (tableaux croisés dynamiques, rapprochements), Word (publipostage, modèles de documents), Sage ou EBP (saisie, déclaration de TVA), Outlook (gestion d’agendas partagés).
Jeune diplômé ou reconversion : Pack Office (rapports, présentations), Canva pour la création de visuels, Google Workspace (travail en équipe sur des documents partagés), certification Pix mentionnée avec son niveau.

Développeur ou technicien : Python et JavaScript (projets en lien avec GitHub), SQL (requêtes et jointures), Linux (administration de serveurs), Git. Pour une reconversion vers la communication, la progression sur le logiciel Canva peut compléter ce bloc.
| Formulation faible | Formulation précise |
|---|---|
| Excel : niveau avancé | Excel : tableaux croisés dynamiques et formules de recherche |
| Maîtrise du Pack Office | Word, Excel et PowerPoint : rapports mensuels et présentations clients |
| Notions de programmation | Python : script d’automatisation de rapports, dépôt GitHub en lien |
La formulation précise tient en une ligne et se vérifie en entretien. Un CV qui indique ce qu’il a produit avec un outil convainc davantage qu’un CV qui en annonce un grand nombre.

